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Champs...d'or ?... Champsaur de mon ♥

Quel temps ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

Champsaur, ma vallée...

 

 

 

Il y a bien longtemps que je suis exilée loin d'elle ( enfin, pas si loin quand même puisque je peux y retourner plusieurs fois dans l'année et que ma maison natale appartient toujours à la famille... ) et elle n'a jamais cessé de me manquer tout au long de ces années. Quand je la quitte, quelques larmes de chagrin sont versées et quand je la retrouve... Aaaah !

Je me souviens d'avoir été privée d'elle durant une année et demie, et d'avoir eu tant d'émotion, lors de mon retour, à la découvrir du haut du Col Bayard dans toute sa splendeur que je n'ai pu alors retenir mes pleurs de joie. Lorqu'elle apparaît, une fois le col passé, vaste dépression creusée par le Drac, sertie entre les nobles sommets couronnés de neige bien souvent, son bocage en patchwork, son ciel d'un bleu pur et profond, souvent comparé à la gentiane, son impressionnante beauté coupe le souffle...

Cette vallée de mon enfance, souvent méconnue mais tellement préservée de ce fait, belle, riante et sauvage à la fois, porte le doux nom de Champsaur, champs d'or disent ceux qui se sont penchés sur l'origine de ce patronyme...

Ce blog est destiné à parler d'elle, d'abord pour lui montrer mon amour, et ensuite pour la faire découvrir par cet intermédiaire à tous ceux qui seront en mesure de l'apprécier. Il y aurait tant de choses à dire, je me limiterai donc à ce qui ne saute pas aux yeux du touriste, c'est à dire à parler de son histoire ( un peu ! ), de ses coutumes, de ses habitants eux-mêmes, de ses spécialités, de ses originalités...

J'espère que le plaisir sera au rendez-vous pour vous. Alors, bonne visite ! Et, s'il vous plaît, ne lésinez pas sur les commentaires, si vous avez quelque chose à dire, consacrez un instant à laisser vos impressions... MERCI

 

 

Parc National des Ecrins

 

  Comment parler du Champsaur sans évoquer le Parc National des Ecrins, dont la vallée est fière de faire partie, dont l'influence est présente partout... La protection des espaces naturels n'a pu qu'être bénéfique à l'environnement depuis sa création, en 1973. Vous en rencontrerez des panneaux à l'entrée des villages, vous en visiterez des expositions à la Maison du Parc à Pont-du-Fossé, vous cotoierez les petits drapeaux bleu-blanc-rouge signalant ses limites tout au long de vos randonnées... Si vous désirez vous informer à ce sujet, voici deux sites parmi d'autres à visiter :

http://ecrins.ifrance.com/ecrins.htm

http://www.les-ecrins-parc-national.fr

Cadeaux de la nature...

              

La petite histoire du Champsaur dans la grande, celle de la France...

 

La petite histoire dans la grande histoire...

 

QUELQUES EPISODES HISTORIQUES SUR LE CHAMPSAUR...

Ses premiers habitants ont laissé des vestiges préhistoriques ( couteau de "druide sacrificateur" découvert près d'un dolmen aux Roranches - mon hameau natal - hâches en calcaire à Ancelle...) qui donnent à penser que, sitôt après la fonte des glaciers qui ont enfoui d'épaisses forêts et creusé la vallée du Drac, les premiers hommes vêtus de peaux et peuplant les grottes se sont établis dans le Champsaur. Une population plus raffinée les a suivis si l'on en croit les splendides parures de bronze découvertes à Bénévent.

L'une des premières grandes surprises des champsaurins d'alors fut certainement, 2 siècles avant JC,  de voir défiler le long de la rive gauche du Drac les éléphants de guerre et les armées d'Annibal. Si l'on s'appuie sur les récits de Polybe et de Tive-Live et sur les anciens manuscrits, l'armée carthaginoise qui avait suivi les vallées du Rhône et de l'Isère, aurait remonté le pays des Tricorii (le Champsaur), à l'extrémité du pays des Allobroges (la rive droite du Drac) et aurait poursuivi sa route en passant par le Col de Prelles vers la vallée de la Durance.

Dans ces régions, raconte Polybe, les Carthaginois furent terrorisés par les neiges, par les huttes grossières suspendues aux pointes des rochers, par des hommes sauvages et hideux, par une nature inanimée, engourdie par la glace. Le Col de Prelles tirerait son nom du combat (proelium) sanglant qui opposa Annibal aux Gaulois montagnards des Alpes.

150 ans plus tard, ni les Tricorii ni les Allobroges alliés ne purent empêcher César de refaire, pratiquement en sens inverse, mais en passant par le Col de Manse, la route d'Annibal pour amorcer sa conquête de la Gaule. Ceci est confirmé par l'inscription gravée sur l'arc de triomphe de Suze où il est indiqué que César est passé chez les Tricorii qui se sont soumis à lui. La tradition rapporte que César, arrivant par le Col de Manse, s'écria quand il aperçut la belle vallée " Ecce Campus Aurei!" ( voici le champ d'or). Telle serait l'origine (contestée) du mot Champsaur.

Par la suite, ce dont on est sûr, c'est que les Romains ont tracé pour traverser le Champsaur, en 52 av. JC, une voie qui, après Chorges, remontait par le Col de Moissières puis descendait vers le vieux Manse (où l'on a trouvé des tombeaux romains) rejoignant le torrent d'Ancelle qu'elle suivait jusqu'à son confluent avec le Drac, traversait le Champsaur pour rejoindre Corps et Mens. Certains Romains s'installèrent dans le Champsaur. On a retrouvé au Pont de Frappe, au Forest St Julien, à St Laurent du Cros, etc... des vestiges romains. On pense qu'à cette époque le site actuel d'Ancelle était recouvert par un lac dont la retenue naturelle semble avoir cédé, provoquant l'anéantissement du village romain situé au Pont de Frappe.

Puis défilèrent dans la vallée avec les habituels massacres, viols, pillages, les Ostrogoths, les Burgondes, les Goths, les Francs et les Lombards qui dévastèrent le Champsaur, combattus par les terribles et savoureux évêques d'Embrun et de Gap. D'autres évêques régnèrent sur la région et des abbayes étendirent leur emprise sur les terres de la vallée. Les Templiers s'installèrent également à Chauffayer et Charbillac.

Mais, quand ils arrivèrent, les envahisseurs Sarrazins saccagèrent églises et abbayes. Pendant des décennies ils furent vraiment maîtres de la région. Pourchassés par les Francs après leur défaite à Poitiers, ces bandes avaient été repoussées jusqu'au fond de nos vallées où elles choisissaient dans les grottes, et notamment les rochers et cavernes de Corbières, des positions inexpugnables. De là elles pouvaient attaquer voyageurs et paysans. Leur endroit de prédilection se situait à quelques kilomètres en amont de Pont du Fossé où l'on garde toujours le souvenir d'une tour sarrazine encore visible  au siècle dernier avant d'être emportée par une crue du Drac en 1856. Cette tour portait la date de 400 de l'Hégire soit l'an 1004. Ils furent enfin chassés par les Comtes de Provence excédés par leur dernière exaction, l'enlèvement de l'Abbé de Cluny qui passait par là. Il reste de leur passage chez nous quelques noms : Pont sarrazin, Château Sarrazin, Puymaure, Tour de Mauron, Montmaur... quelques patronymes, certaines familles portant encore le nom de Sarrazin, ainsi qu'un certain type maure, notamment dans le fond de certaines vallées.

Après cet épisode douloureux, la féodalité ne tarda pas à s'installer, les populations ayant soif de protection. La Châtellenie du Champsaur vit le jour qui se répartit en mandements, chacun étant une collection de châteaux ne formant qu'un tout au point de vue féodal, administratif et financier : Montorcier étant le plus important. Le Champsaur n'allait pas tarder à compter plus de cent nobles dont on peut retrouver les blasons et les armoiries, les plus puissants étant là encore les Montorcier, vibaillis du Graisivaudan, dont on parle dès 1040. Ils possédaient la moitié du Champsaur et d'inombrables terres dans la région. Une autre partie appartenait aux Faudon d'Ancelle qui dépendaient eux des Comtes de Provence. Déjà à cette époque le Champsaur était écartelé entre le Dauphiné et la Provence.

C'est au 13è et 14è siècle que les seigneurs et les évêques s'imposent dans le Dauphiné englobant l'Isère, la Drôme et les Hautes-Alpes actuels, construisant à profusion châteaux et églises. Les Champsaurins mènent alors une vie relativement paisible d'agriculteurs soumis à leurs seigneurs et évêques.

                                                                                                                                                  

                                                                                                                                                   HumbertII

Le Champsaur allait connaître une période particulièrement heureuse sous le règne des dauphins du Viennois et plus particulièrement sous celui d'Humbert II, dernier roi du Dauphiné, grâce à l'institution de l'impôt, nos ancêtres ayant pu choisir alors de ne plus être esclaves. En échange d'un impôt minime, ils pouvaient disposer de biens par testament ou par donation, ils devenaient des hommes libres. Humbert II quitait souvent sa capitale, Grenoble, pour venir au Château de Montorcier, édifié sur la colline de Frustelle, acquis en 1303 par un Dauphin en mauvaise santé à qui ses médecins avaient conseillé ce site pour son climat, son air pur et son eau fraîche. Là Humbert menait grande vie, sa table était si raffinée qu'il offrit à son cuisinier et maître d'hôtel, Etienne Roux, en 1339, le fief voisin de Prégentil avec son manoir, dont les tours ont disparu mais dont les murs principaux ornés de moulures élégantes ont résisté aux siècles. Hélas on devine à peine, aujourd'hui, au sommet de Frustelle, dominant Pont du Fossé, les ruines de la citadelle royale. Seuls demeurent les souterrains désormais condamnés. Sous son règne, le Champsaur bénéficiait de dons, d'hospices, de greniers, de fours communaux. Montorcier obtint en 1319 une charte de liberté, les Champsaurins pouvant désormais élire leurs représentants. Puis, en 1349, las et effondré par la perte de son fils, Humbert céda le Champsaur à Charles, fils aîné du Roi de France Jean le Bon pour entrer chez les Dominicains. Le Champsaur appartenait maintenant aux fils aînés des Rois de France.

                                                                                                                                                  

                                                                                                                                                   LouisXI

Le jeune Dauphin qui allait devenir Louis XI va laisser dans le Champsaur des souvenirs marquants. Exilé en Dauphiné par son père, le Roi Charles VII, pour avoir conspiré contre lui, il vient fréquemment au château de Montorcier, résidence d'été de Dauphins. Il se montre à l'aise parmi les gens simples, apprend le parler local, s'habille de vêtements peu coûteux, porte des chapeaux bizarres. Il apprécie les nourritures  paysanes, mange et boit de bon coeur, souvent dans les chaumières des paysans. Cavalier infatigable, il aime particulièrement aller à Champoléon. Il aime la chasse. Habile à charmer, il adore les rencontres, se prête volontiers aux expériences et aux amours nouvelles. Il est alors jeune veuf. Durant cette période il a de nombreuses maîtresses et donne le jour à pas mal de petits champsaurins... Difficile à l'époque de résister au droit de cuissage! Il eut pour maîtresse reconnue Félise Renard à qui il donna 2 filles. Les Renard devinrent par la suite seigneurs de St Julien en Champsaur. Louis XI annoblit aussi plusieurs familles du Champsaur prises en affection, comme son ami Jean Martin qui le reçoit souvent à Champoléon, ainsi qu'un herboriste qui l'a guéri d'un ennui de santé lors d'une rencontre.

Dans ce Champsaur, curieux de tout, le futur roi de France trouve la vie très intéressante. Il se glorifie d'être le maître "d'un pays dont les merveilles dépassent les sept merveilles du monde". Mais il prend part aussi aux difficultés, aux désirs et conflits des Champsaurins, développe l'élevage en favorisant l'irrigation.Il joue aussi les St Louis dans le Champsaur. Heureux de son sort, il peut, dans son territoire, mener la vie qui lui plaît tout en administrant au mieux sa province.

Vers 1450, son gouvernement étant solidement établi, LouisXI cesse de consacrer son énergie au Dauphiné, conscient de son destin et ambitieux, il conspire à nouveau contre son père et, durant une dizaine d'années, complote  et agit dans ce sens. En 1461 il devient enfin Roi de France.

Jusqu'à la fin de sa vie, il pensera toujours à son Dauphiné. Sur son lit de mort, ses dernières paroles furent dédiées à N.D. d'Embrun...

Par la suite les guerres de religion allaient ensanglanter la vallée, les Vaudois, secte lyonnaise semblable à ce que furent les cathares en pays albigeois, y furent  pourchassés et massacrés par une armée de catholiques.

                                                                                                                                                  

                                                                                                          François de Bonne, Duc de Lesdiguières

Une autre époque allait suivre. Tout le Champsaur allait être entraîné, de gré ou de force, dans les aventures et les violences guerrières de l'enfant du pays le plus célèbre de tous les temps : Lesdiguières. Il naît à St Bonnet en Champsaur en 1543 dans une famille relativement modeste de gentilhommes notaires, qui possède le domaine des Diguières et quelques propriétés à Laye. Il grandit comme tous les petits montagnards de son époque avant d'être envoyé en Avignon pour y recevoir une instruction plus conforme à son rang. Il va cotoyer au collège un pays, Guillaume Farel, gagné aux doctrines calvinistes. C'est par lui que François va adhérer à la réforme. Il quitte Avignon pour Paris afin d'y étudier le droit, mais à court d'argent il s'engage comme soldat. D'abord archer, il n'est pas très riche mais se dédommage en participant aux pillages. Ses compagnons d'armes le décrivent comme ayant fière allure, de taille élevée, avec une incroyable vigueur, un regard plein de feu et un air de grandeur.

Les idées nouvelles progressent dans le Dauphiné et des assemblées protestantes se tiennent partout dans le Champsaur. Ainsi vont débuter dans notre région des guerres de religion sanglantes, faites d'embuscades : églises rasées, fermes incendiées, pillages, viols, massacres... des flots de sang coulent. Très vite, Lesdiguières s'empare du Champsaur, sans pitié pour les catholiques. Ceux qui ne veulent pas se soumettre vivent dans les bois, se cachent dans les rochers... Les paysans dépouillés de leurs récoltes en sont réduits à manger des chardons. Lesdiguières grandit très vite grâce à cette guerre civile, commet d'effroyables excés à Gap dont il prend possession, lance des embuscades de plus en plus loin dans le Dauphiné. Presque tout le Champsaur se convertit au protestantisme.

C'est alors qu'Henri de Béarn, futur Henri IV, remarque le jeune Lesdiguières, l'appelle à son conseil de guerre et le charge d'une mission à la Rochelle qu'il accomplit avec succés avant de rentrer au pays où il continue ses combats dans la région jusqu'à la Provence et le Dauphiné. Entretemps il perd son fils unique, filleul du Roi de Navarre et du Duc de Savoie. Henri IV sur le trône, il poursuit ses campagnes, étendant son action de plus en plus loin. Le bruit de ses victoires retentit dans toute l'Europe. Devenu maître absolu de sa province, chef incontesté du parti protestant, lieutenant d'Henri IV, il veut aussi être un administrateur bienfaisant. Il recherche désormais la paix avec ses anciens ennemis. La Reine Elisabeth d'Angleterre confie : "S'il y avait deux Lesdiguières en France, j'en demanderais un à Henri IV". Il administre depuis l'imposant château de Vizille (à présent résidence du Président de la République). Henri IV, converti au catholicisme, se méfie maintenant de lui. Lesdiguières doit déclarer au roi sa fidélité et son dévouement, souhaitant l'aider à pacifier le royaume.

Lesdiguières s'occupe aussi du petit peuple, entreprenant des travaux pour améliorer la vie dans sa vallée natale, enrichit des gentilhommes... Il ne s'oublie pas non plus et acquiert progressivement le duché du Champsaur puis se fait élever au Glaizil un superbe et somptueux château dont seules les ruines subsistent à l'heure actuelle.

Réclamé par la Cour, il se rend à Paris où Henri IV le comble de prévenances, lui donne son bâton de maréchal. C'est la consécration. Jusqu'à l'assassinat d'Henri IV, coup terrible pour lui. Il s'empresse de manifester sa fidélité au jeune Louis XIII. Marie de Médicis fait en sorte de l'intéresser davantage à sa vallée natale, lui cède  l'ancien domaine des Dauphins. Il devient duc et pair... Il ne lui manque plus qu'une dignité : connétable. Le Roi le supplie de se faire catholique. Il acceptera finalement d'abjurer et recevra la charge suprême de connétable en 1622. Après de nouveaux épisodes guerriers qu'il mènera à leur terme malgré son grand âge, il rend son dernier soupir à Valence en 1626, puis sa dépouille sera transférée à son château du Glaizil, dans le Champsaur.

Son beau château sera d'abord vendu aux enchères puis détruit en 1692 par l'armée du Duc de Savoie. Tout juste put-on récupérer son mausolée aujourd'hui exposé au musée de Gap, ses restes furent, eux, placés dans l'église de Sassenage. Les ennemis les plus horribles des Hauts-Alpins, les Savoyards, désireux de se venger de Lesdiguières et de ses Champsaurins, entraient en action. Les troupes de Victor Amédée de Savoie furent  particulièrement odieuses. Brutalement et rapidement, en moins d'une semaine, tout fut méthodiquement pillé, détruit et enfin mis en cendres sans que la moindre maison fut épargnée : on a compté 10945 maisons brûlées dans le Gapençais et le Champsaur, dont les splendides châteaux de Tallard et du Glaizil. Il y eut dans le Champsaur de nombreuses victimes. Heureusement la plupart des habitants avaient pu fuir dans les montagnes, regardant de loin le feu dévaster leurs maisons et leurs récoltes.

Traumatisé, exangue, le Champsaur, qui avait été au coeur de l'évolution de la France, allait rester plusieurs siècles sous l'éteignoir, occupé à relever ses ruines et à tenter d'apaiser les haines pour retrouver son unité. Tout était à refaire. Louis XI, en annoblissant ses meilleurs amis du Champsaur, avait donné aux populations de la vallée un encadrement. On allait retrouver nombre de leurs descendants parmi les capitaines de Lesdiguières et même à la cour des rois Henri IV et Louis XIII. Hélas, les guerres, les pestes et les révoltes religieuses ou politiques, toutes aussi dévastatrices les unes que les autres, allaient décapiter les élites, les populations et le bel élan régional. Le Champsaur, profil bas, repartait à zéro. De conquérants et dynamiques, les Champsaurins devenaient passifs, méfiants, repliés sur eux-mêmes, comme s'ils voulaient se couper du passé.

Bibliographie : 

Le Champsaur, HisToire et mémoire. Robert Faure. Presses Louis Jean - Gap

Encyclopédie historique, authentique, distractive, humoristique, gastronomique, touristique, linguistique du Champsaur - Faure de Prégentil - Presses Louis Jean - Gap

 

 

Mmmmm !... comme... gourmandises !

                  

A vous de reconnaître ces gourmandises dont on se délecte dans le Champsaur, spécialités montagnardes ou inventions exclusivement champsaurines de nos ancêtres qui, il  faut le dire, avaient du goût, ceux qui connaissent ces mets délicieux ne le nieront pas !

Allez, j'attends vos réponses qui seront récompensées par... les recettes correspondantes ! A vos fourneaux !  

               

                                                                                                                         
                                                                                                       
                                                                                                                                     
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Emigration en masse

           

 

            

 

Plus de 5000 Champsaurins émigrent vers les Etats-Unis

 

La population s'est tellement amplifiée au 19ème siècle que les pauvres terres du Champsaur ne parvenaient plus à nourrir tous les habitants.

Plus de 5000 Champsaurins décidèrent alors de quitter la vallée, exilés par les exigences de la vie. C'est donc près de 28% de la population qui émigra entre 1846 et 1931, partant vers l'inconnu en se disant : "on verra bien !".

Beaucoup choisirent les Etats-Unis pour tenter d'obtenir de bonnes situations en relations avec ce qu'ils savaient faire, surtout comme moutonniers mais aussi comme laitiers, blanchisseurs, gens de maisons...

Des courtiers de la Compagnie Transatlantique étaient installés aux Astiers, sur la commune de Bénévent et Charbillac, à St Bonnet, St Julien, Gap... et prenaient les engagements de départ. Des agents recruteurs recevaient au "Café des Américains" ou au "Café de Californie". Des annonces étaient publiées dans "Le Bavard Prapicois" ou dans les autres journaux qui florissaient à l'époque : "Le Petit Champsaurin", "La Vallée du Drac", "La Lettre patoise du Champsaur".

C'était alors la grande aventure, certains qui avaient signé "l'engagement" durent aller à pied et en carriole-stop de Chabottes au Havre car ils n'avaient pu récupérer dans leur famille que l'argent nécessaire au voyage maritime.

Ailleurs, on vendait une vache ou quelques brebis pour payer le passage. Ou on profitait de de l'argent donné par l'Etat pour abandonner le village : 10 000 francs-or pour 15 ha de terrain. On cédait son droit d'aînesse contre le prix d'un billet, ou on attendait l'avance d'argent envoyée par le futur employeur...

Les Champsaurins, par goût de l'aventure et par passion de l'élevage, partaient plutôt vers la Californie ou le Wyoming, d'autres choisissaient l'Amérique du Sud, l'Uruguay et l'Argentine notamment.

Ces pionniers du Champsaur ont souvent fait souche, épousant des compatriotes parties, elles aussi, vers le Nouveau Monde, et ont souvent aussi fait jouer l'esprit de famille ou la solidarité pour mieux accueillir les nouveaux venus. Certaines mères ont vu la quasi-totalité de leurs enfants partir aux Amériques. Ainsi, mon arrière-arrière-grand-mère, veuve, a-t-elle dû se séparer de 5 de ses fils partis en Californie dans la 2ème partie du XIXème siècle, seuls sa fille et l'un de ses fils devenu prêtre étant restés auprès d'elle. Trois d'entre eux s'y établiront défintivement, mon arrière-grand-père ayant, lui, choisi de rentrer en France après de nombreuses années passées en Californie, puis à New-York comme cuisinier dans un grand hôtel.

Certains réussirent très bien, comme Jean-Pierre Gueydan, qui avait quitté St Bonnet à 18 ans en 1845 et qui fondait avec son frère la Maison Gueydan-Bodet, spécialisée dans le commerce. Après de multiples péripéties, ils achetaient dans le Sud-Ouest de la Louisiane 16 000 ha de terres et décidaient de les coloniser avec des fermiers désireux de s'installer. C'est ainsi qu'il fonda la ville de Gueydan, qui compte aujourd'hui 1610 habitants. De même, dans le nord de l'Orégon, une contrée s'appelle Vigne, du nom des premiers occupants, les Vigne des Alliberts, près de St Bonnet, qui avaient fait la conquête de ce petit coin des Etats-Unis.

Autres aventures champsaurines : Joë Mouren-Laurens de St Julien qui fit fortune à Los Angeles après avoir inventé le bidon d'huile d'un litre, Melle Réallon de St Jean St Nicolas qui fut gouvernante chez Walt Disney, Martin Seinturier champion de rodéo avant de mourir en France pour défendre son pays, Jean Bonnet de Costebelle qui tenait un restaurant réputé à San Francisco, Emile faure qui avait un hôtel à Los Angeles, Jo Marillac d'Ancelle qui fut en 1960 directeur des J.O. de Squaw Valley.

On sait aussi que les studios d'Hollywood se trouvent, pour plus de la moitié, sur des terrains qui ont été vendus, fort cher, par des Champsaurins qui les occupaient auparavant.

Mais le rêve du western ne sera pas toujours au rendez-vous. Beaucoup ont dû manger de la vache enragée dans la grande prairie sauvage et inhospitalière avec de multiples risques, dangers et frayeurs : les cris des coyottes, les serpents à sonnette, parfois les ours, la sècheresse, la mévente, le vol de leurs gains, les règlements de compte... L'aîné des Seillon, venu de Molines, a été assassiné dans la prairie pour n'avoir pas compris un avertissement, faute de connaître la langue. Joseph Allemand de St Bonnet et Joseph Lagier de Chabottes ont été abattus par des gardiens de vaches parce que leur troupeau de moutons passait sur le terrain des cow-boys... Beaucoup d'autres ont fini modestement dans les cimetières américains, enterrés dans les rangées réservées aux moutonniers, leurs noms champsaurins étant surmontés d'une tête agneau en tôle repoussée. D'autres, qui ont beaucoup langui là-bas, découragés ou nostalgiques, ont voulu retourner au pays.

Nombreux seront aussi ceux qui recevront de la France un billet gratuit pour venir combattre en 1914 sur le front de l'Est. Il en vint beaucoup, mais on compta également pas mal d'insoumis.

Finalement 1500 d'entre eux regagneront le Champsaur, souvent avec un petit magot d'économies. On a vu aussi, au moment de la libération de la France, en 1944, des soldats américains descendants d'immigrés, venir faire un détour dans le Champsaur pour saluer et découvrir des oncles et des cousins qui étaient restés au pays de leurs ancêtres.

Plus tard, et récemment encore, d'autres Américains, en quête de recouvrance, sont venus dans ce Champsaur retrouver une mémoire ancestrale, ce qui a donné lieu à d'importantes retrouvailles familiales autour d'un grand repas convivial et fraternel.

Inversement, de plus en plus de Champsaurins s'en vont aux Etats-Unis rechercher ce que sont devenus des parents lointains. L'enquête commence souvent à l'entrée du port de New-York, au pied de la statue de la liberté, au musée d'Ellis-Island, dans le bâtiment de l'immigration par où ont transité nos immigrés champsaurins. On peut y retrouver la trace de ceux qui sont devenus Américains. Dans la famille de ma mère, j'ai ainsi pu retrouver la trace (via l'Internet !) d'un arrière-grand-oncle dans un cimetière californien et d'un homonyme, sans doute l'un de ses descendants, décédé il y a peu dans la même région. Mes recherches se sont hélas arrêtées là, faute d'avoir pu les continuer sur place ! Je ne désespère pas !

D'autres Champsaurins préférèrent partir vers l'Algérie. Ainsi la famille de Paul Robert, l'auteur du grand dictionnaire, quittait-elle St Bonnet en 1849 pour l'Algérie. Jamais dans sa famille on n'oublia le Champsaur. L'auteur du dictionnaire Robert, dont la famille possédait une propriété à la Fare, exprima au moment de l'indépendance de son pays adoptif cet attachement viscéral au Champsaur qu'ont ressenti la plupart des émigrés...

 

                                                                                          

 

 

 

Aigle royal... et... loup !

 

L'aigle royal, pensionnaire attitré du Palastre !

L'écho de son cri reconnaissable entre tous retentit tout-à-coup, renvoyé par l'impressionnante falaise rocheuse du Palastre où très souvent il établit son aire... L'aigle royal apparaît, majestueux, d'un grand vol plané, interrompu de rares fois par quelques battements d'ailes puissants, entame son vol ascentionnel en de larges cercles... Soudain, une autre silhouette le rejoint... et une autre encore, plus petite ! Les trois aigles planent au-dessus de la vallée, s'écartant puis se retrouvant. Les parents éduquent leur petit issu de la dernière couvée. Combien de fois n'ai-je pas assisté à ce spectacle magique, se répétant inlassablement, le couple apprenant au jeune aigle les subtilités du vol, de la chasse, avant de l'inciter, au bout de quelques mois, à partir chercher son propre territoire. D'autres fois, l'on peut assister à la découverte d'une proie et au fulgurant piqué, l'aigle fondant sur cette dernière comme une pierre...

 

 

 

 

 

 

 

  Le retour du loup !

Il a beaucoup hanté mon imaginaire d'enfant, sorti tout droit des contes et histoires que je dévorais alors, prenant parfois une effrayante réalité quand les plus grands insinuaient qu'il menaçait de dévorer les enfants dénués de sagesse ! Après le Mercantour et d'autres massifs, il est arrivé il y a peu de temps ( quand exactement, je crois que nul ne le sait ) dans les Ecrins, laissant des traces et, malheureusement, commettant quelques dégâts dans les troupeaux. Les avis divergent, défenseurs de la nature se réjouissant, éleveurs et bergers s'insurgeant. Je ne prendrai pas parti, bien que mon coeur penche pour lui, je suis apte à comprendre les craintes de ceux qui pâtissent de cette cohabitation. Comme je ne me suis pas encore retrouvée nez à nez avec l'un de ces spécimens, je ne suis pas en mesure de préjuger de ma réaction si cela se produisait : ce qui subsiste en moi de mes terreurs enfantines ou mes penchants écolos ?!

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